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 Jean-Max Tixier nous a quittés Jean-Max est parti très vite, trop vite. Avec la discrétion et le courage qu'on lui connaissait. En ces moments si tristes, je voudrais évoquer en quelques mots sa mémoire. Pas celle du poète plusieurs fois couronné par des prix prestigieux. Pas celle de l'écrivain de la Provence, petit-fils spirituel de Giono et petit-frère d'Yvan Audouard. Pas celle du « nègre » ayant conduit à la notoriété mondiale, à travers 10 ouvrages, de son ami marseillais, le Chinois, le fameux Commissaire Van Loc. Pas non plus celle du professeur adulé par ses élèves du Lycée Agricole de Hyères ou de l'homme politique, profondément gaulliste, et pourtant adjoint à la Culture du Maire de Marseille Robert Vigouroux. Non ! Je voudrais simplement parler de l'homme, cet ami qui a, un jour, accepté de rejoindre à Hyères mon équipe et qui, d'emblée, en fit la conquête. Je voudrais dire que pour moi, Jean-Max, c'était d'abord un regard et une voix. Un regard coquin conservé de son adolescence, toujours prêt à faire une niche ou à raconter une bonne blague. Un regard concentré quand il se mettait à l'écoute d'autrui, une écoute authentique cherchant toujours à s'enrichir de nouvelles aventures ou de nouvelles rencontres.
Un regard sombre et sévère, doublé d'une voix profonde et rocailleuse quand il manifestait sa colère et son indignation. C'est d'ailleurs cette capacité d'indignation jamais démentie qui en fit un éternel jeune homme et qui lui donnait tant de charme. Un charme qu'il n'économisa jamais, lui, « l'homme qui aimait les femmes », jusqu'à ce qu'il rencontre Monique, celle qui, à ses yeux, les résumait toutes. Oui, Jean-Max était un monstre de travail, un ogre de l'amitié, un bouffeur de vie. Au moment où il est parti, j'ai pensé à cette phrase de Paul-Emile Victor que Jean-Max aurait pu faire sienne : « ce qui m'ennuie, ce n'est pas de mourir, c'est d'arrêter de vivre ». Inoubliable !
Jean-Pierre Giran

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