|
 Réformes : La peur du changement Quand on interroge les Français pour savoir si la justice est suffisamment rapide, l'administration territoriale transparente ou l'hôpital efficace, ils se plaisent à relever les défaillances plutôt qu'à souligner les succès. Pourtant lorsqu'on propose une nouvelle carte judiciaire réformant celle datant des années 50, la suppression d'un échelon dans le millefeuille administratif ou la rationalisation de l'organisation hospitalière sur notre territoire, ils s'interrogent, ce qui est normal, s'émeuvent, ce qu'on peut comprendre, s'opposent parfois à tout changement… ce qui traduit un sens relatif des responsabilités. Je ne parle pas ici, bien entendu, du personnel des tribunaux, des hôpitaux ou des collectivités en cause qui défendent leur emploi et des établissements pour lesquels ils ont beaucoup sacrifié. NON ! Je pense plutôt au citoyen lambda qui veut souvent plus d'hôpitaux mais moins de déficit de l'assurance maladie, plus de tribunaux mais moins de dépenses publiques, plus de subventions mais moins d'impôts locaux. Aristote disait que la politique est un art. Il avait sans nul doute raison car il n'est pas facile de trouver le bon équilibre entre toujours plus de besoins et toujours moins de moyens. Dès lors, une seule voie existe, celle de l'écoute, du dialogue, du respect, du lien social. Il n'y a en effet de bonne réforme qu'une réforme acceptée, à tout le moins qu'une réforme comprise, surtout en période de crise.


|